Biographie de Plutarque

dimanche 31 janvier 2010
par  dominique

Plutarque (en grec ancien Πλούταρχος) est né à Chéronée en Béotie (près de Delphes) vers 46 après J.-C. et est décédé en 125.

Plutarque est un philosophe de la Grèce antique. Il participe au courant moyen-platoniste ou platoniste éclectique. Ce groupe de penseurs se réclame de Platon et a vu le jour au Ier siècle après J.C..

S’il ne faut pas confondre Plutarque de Chéronée avec Plutarque d’Athènes qui est le fondateur et premier recteur de l’école néoplatonicienne d’Athènes vers 400, il en va de même pour le moyen-platoniste et la Moyenne Académie de l’école platonicienne. Cette dernière sera fondée par Arcésilas de Pitane en 268 av. J.-C., c’est-à-dire approximativement à la fin de l’enseignement de Plotin vers 244.


Plutarque


Comme pour la grande majorité des intellectuels de l’antiquité, Plutarque a plus d’une corde à son arc. Il s’intéresse à l’histoire, aux sciences naturelles, aux mathématiques ainsi qu’à la physique. C’est lors d’un séjour à Athènes (65) qu’il apprend la philosophie et les sciences auprès d’Ammonios. Il obtient la citoyenneté athénienne.

Plutarque réalise un voyage en Egypte, vraisemblablement pour y apprendre la médecine à Alexandrie. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il entreprend l’écriture du traité d’Isis et d’Osiris. A l’issue de son périple égyptien, il se rend en Asie avant de partir pour Rome (79).

Plutarque est contemporain de plusieurs empereurs romains. Lors de son premier voyage à Rome, il enseigne le grec et la philosophie sous Vespasien (règne : 69-79), puis Titus (règne : 79-81). De retour à Chéronée, il épouse Timoxéna avec qui il a cinq enfants, quatre garçons et une fille. Il perd sa petite Timoxéna âgée de deux ans, après avoir déjà perdu deux garçons (Chaeron et Soklaros). Timoxéna sera bien malgré elle à l’origine d’une lettre de consolation à sa femme dans les "Oeuvres Morales" (Lettre en français à Timoxena). Il retourne à Rome pour un bref passage en 88, puis à nouveau en 92. Sous Domitien (règne : 81-96), il est professeur et un conférencier de grande réputation. Son retour à Chéronée coïncide avec les persécutions romaines infligées aux intellectuels. C’est alors qu’il entreprend les "Dialogues".

Vers 96, il devient prêtre d’Apollon à Delphes. Son rôle de gestionnaire du sanctuaire lui ouvre de nouvelles perspectives. Son intérêt religieux s’éveille. A cette occasion il crée une étude des démons, en total accord avec les préceptes du platonisme : l’homme est formé de l’âme et du corps ; mais l’âme se subdivise en deux : une partie liée au corps, soumise aux passions, et une autre, l’esprit, plus libre. Cette dernière, à la mort, peut devenir démon et aider les autres hommes...

Sous Trajan (règne : 98-117), Plutarque s’intéresse à la politique, sans doute grâce à son ami Sosius Sénécion, proche de Trajan. Outre les "Préceptes politiques" (100-106), puis les "Propos de table" (107-110), il rédige les "Vies parallèles". Cette oeuvre va l’occuper vraisemblablement jusqu’à la mort de Sénécion en 115.

La mort de son ami sonne le glas d’une vie publique riche. Il se tourne vers la religion. Il sent que sa vie s’égrène. Il écrira jusqu’à son dernier souffle. Son oeuvre "Isis et Osiris" propose un mélange d’influences entre les religions égyptienne et grecque. Il meurt en 125 à Chéronée qu’il appelle affectueusement sa "petite patrie".

Malgré la rudessse de certains de ses propos, il a consacré sa vie entière aux préceptes qu’il s’est imposés. Il se veut être un homme doux au regard des autres et si cet idéal de vie n’est pas naturel et qu’il devient un automatisme, c’est qu’il est devenu un devoir pour Plutarque.

Le musée de Delphes conserve (n°4070) une stèle hermaïque sur laquelle se trouvait jadis le buste de Plutarque. Il ne subsiste malheureusement que la dédicace :


Delphes en collaboration avec Chéronée a élevé ce portrait de Plutarque, conformément à la décision des amphictyons. Source : www.noctes-gallicanae.org



Le moyen-platonisme

Le moyen-platonisme est la période qui manifeste un renouveau du platonisme. Il s’efforce d’adapter les conceptions de Platon (dans la conception du bien, Platon estime que la démocratie athénienne est une hérésie qui explique la corruption de la cité. Dans son oeuvre, la République, il décrit la cité idéale et la place du bien dans la cité d’Athènes.) à la terminologie d’Aristote.

Voici quels traits caractérisent le moyen-platonisme selon Marco-Zambon (Porphyre et le moyen-platonisme, Vrin, 2002, p. 27-30, 256) :

  • absence de traits spécifiquement plotiniens (Plotin distingue l’être et l’Un, pas le jeune Porphyre)
  • identification du premier principe transcendant avec l’être (Numénius, Plutarque, Porphyre)
  • distinction de deux intellects chez le dieu démiurge, l’un paradigmatique (Dieu père, tourné vers la contemplation des intelligibles), l’autre créateur (Dieu tourné vers la production du cosmos sensible)
  • définition du platonicien, non plus comme un disciple de Platon ou un membre de l’Académie de Platon, mais comme discipline d’une doctrine exposée par Platon, interprétée comme révélation divine
  • refus de l’idée qu’Aristote puisse s’harmoniser avec Platon finalité de la pratique de la philosophie placée, non dans l’érudition, mais dans l’assimilation à Dieu
  • exposés sous forme de commentaire des dialogues de Platon, de recueils de doxographies, d’introductions à la doctrine de Platon doctrine des trois principes du Timée (27c-29d) : le paradigme, le démiurge (second Dieu), la matière
  • nombreuses triades : premier Dieu (transcendandant) / Âme du monde (Hécate) / second Dieu (démiurge), être/intellect/vie, père/puissance/intellect, etc.
  • doctrine de la transcendance du premier Dieu, structuration hiérarchique de la réalité
  • tendance à l’encyclopédisme.
    (source : wikipedia.org)


Pour en savoir plus : Hodoi Elektronikai


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